dimanche, 06 avril 2008
Dimanche du Bon Pasteur
La terre est remplie de la Miséricorde du Seigneur, alléluia ;
Justes, réjouissez-vous dans le Seigneur ; c’est aux cœurs droits qu’Il sied de chanter ses louanges. Gloire au Père.
Le bon pasteur doit d’abord connaître ses brebis et se faire connaître d’elles, créer les relations qui établissent l’accord et la mutuelle pénétration ; la connaissance qui en procède est un amour, et elle n’est une connaissance que parce qu’elle est un amour. La voix qu’entendent les brebis quand le berger les appelle nommément est une voix qui part du cœur et qui va au cœur ; c’est pourquoi elles répondent. Elles savent que celui qui les appelle veut leur bien ; elles le savent parce qu’il a l’habitude de le leur procurer ; elles ont l’expérience de sa bonté pour elles ; et le son qu’elles entendent, quand sa voix retentit, est lié à cette expérience. Intérieurement, elles voient une porte qui s’ouvre, une silhouette humaine qui se dresse devant elles, le mouvement calme, lent, adapté à leur pas, qui les conduit et qui s’arrête dans les bons pâturages, l’herbe épaisse, tendre, qui leur offre sa substance vivifiante, tout leur corps refait, leurs forces reconstituées, se développant, leur sécurité assurée, et le soir le même mouvement, la même ombre, la même porte et le repos dans la bergerie.
Elles savent que s’il les approche c’est pour les caresser ou les panser, que sa vie leur appartient, qu’il ne veut que le déploiement de la leur : « Pour qu’elles aient la vie, et une vie abondante. »
Le bon pasteur, dans ces cas ordinaires, les garde la nuit du voleur en les ramenant à la bergerie close et gardée, dont il est la porte, dont le portier le représente et tient la place, - et le jour du loup en se tenant en avant, en les tenant groupées et en les défendant activement s’il y a lieu.
« Ego sum pastor bonus. » Jésus est le bon Pasteur ; il ne s’oppose pas seulement aux ennemis qui veulent tuer et perdre les brebis ; il les garde des pasteurs qui ne sont que mercenaires et qui ne songent qu’à eux-mêmes. Pour ceux-là, l’intérêt des brebis ne compte pas, mais le leur. Ils les conduisent volontiers aux pâturages ; il les gardent s’il n’y a pas de danger ; mais ils ne s’exposent pas pour elles. Ils les connaissent, mais ils ne les aiment pas ; ils ne sont pas pasteurs ; ils ne sont pas bons pasteurs.
Le trait distinctif qui marque le bon pasteur, qui le fait reconnaître entre tous, c’est l’amour jusqu’au don de soi : « Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. »
Ce trait dérive de la connaissance très spéciale qui le caractérise, et il la produit. Il connaît parce qu’il aime, dans la mesure où il aime, et il aime parce qu’il connaît. L’esprit qui l’anime est un amour qui donne à la connaissance de pénétrer son objet, et à l’objet de reproduire cet amour et cette connaissance. C’est pourquoi le bon pasteur marche en tête du troupeau. Il se montre et il indique le chemin en le faisant le premier. Les brebis n’ont qu’à suivre, à faire ce qu’il fait, à se rendre où il veut.
Le rapport est donc un rapport mutuel : « Cognosco meas, et cognoscunt me meae. Je les connais et elles me connaissent. » Il y a deux termes : « me », « meae », mais il n’y a qu’une seule connaissance qui part du pasteur et va aux brebis, qui se communique de celui-là à celles-ci, qui les anime du même mouvement, qui fait que le troupeau et le pasteur ne font qu’un.
Cette unité ne fait elle-même que reproduire une unité plus vaste, dans laquelle elle s’insère comme pour la prolonger et compléter. C’est l’unité que Jésus chante et prêche et révèle en tous ses entretiens, qui en fait la trame, et qui est le fond de son Evangile : c’est sa propre unité avec son Père.
Les rapports entre le bon pasteur et ses brebis sont constitués sur ce modèle. Le bon pasteur connaît ses brebis comme son Père le connaît, et ses brebis doivent le connaître comme il connaît son Père : c’est donc une connaissance qui communique une forme et qui assimile. Les brebis doivent être l’expression du Verbe, comme le Verbe exprime le Père. Le Verbe doit se prononcer en elles, et elles doivent répéter ce mot, réfléchir ses traits.
Le Verbe incarné donne sa vie pour elles, parce qu’il voit le Père donner lui-même sa vie qui est son Fils… et les brebis à leur tour doivent se donner à lui comme il se donne à elles : Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, comme mon Père me connaît et que je connais mon Père, et je donne ma vie pour mes brebis. »
Source
Salve Regina
Illustration
Décor de mosaïque du mausolée de Galla Placidia (le Bon Pasteur)
Ravenne
Ecole du Louvre: site iconographique
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mercredi, 19 mars 2008
Mercredi saint: Judas trahit Jésus
Méditation sur l'évangile du jour
(Saint Matthieu. XXVI 14-25)
Donc, après que le traître eut reçu cette bouchée de pain, « Satan entra en lui »: il prit une possession plus complète de celui qui lui appartenait déjà, dans lequel il était entré auparavant pour le tromper. Car Satan était déjà en lui lorsqu'il vint trouver les Juifs et s'entendit avec eux sur le prix de sa trahison, comme l'affirme très clairement l'Evangéliste Luc (XXII 3-4) : « Or Satan entra dans Judas, surnommé Iscariote, qui était du nombre des Douze. Il s'en alla conférer avec les grands prêtres. » Voilà qui prouve que Satan était déjà entré en Judas...
Lorsque le Seigneur, pain vivant, eut donné ce morceau de pain à celui qui était mort, et qu'en lui remettant ce pain il eut désigné le traître, il ajouta : « Ce que tu as à faire, fais-le vite. » Jésus n'a pas pas commandé le crime, il a seulement prédit à Judas son malheur, et à nous notre bonheur. Qu'y a-t-il en effet de pire pour Judas, mais de meilleur pour nous, que le Christ soit livré : Judas agissait contre lui-même, mais en notre faveur. « Ce que tu as à faire, fais-le vite », c'est moins pour hâter le châtiment du méchant que pour presser le salut des hommes.
« Aussitôt la bouchée prise, Judes sortit. Il faisait nuit. » Et celui qui est sorti était lui-même nuit. Quand la nuit fut sortie, Jésus dit : « Maintenant le Fils de l'homme a été glorifié. » Le jour a donc parlé au jour[1], c'est-à-dire le Christ à ses disciples fidèles, pour qu'ils l'écoutent et lui témoignent leur amour en le suivant. Et la nuit a parlé à la nuit, c'est-à-dire que Judas a parlé aux Juifs infidèles, pour qu'ils viennent près de Jésus, se saisissent de lui et le mettent à mort.
Saint Augustin
Tractatus in Johannis evangelium », LII 2, 4 & 6
[1] Psaume XIX 3.
Leçons de ténèbres
François Couperin
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dimanche, 16 mars 2008
Comment bien faire son examen de conscience en vue de la confession ?

Un vrai chrétien a le souci constant de conserver son âme en état de grâce aux yeux de Dieu. Il sait, en effet, d’une part, que nul ne connaît ni le jour ni l’heure de sa mort et que, d’autre part, l’âme, pour être admise au bonheur parfait et éternel du Ciel, doit être entièrement purifiée du péché. C’est pourquoi il reçoit volontiers le sacrement de la Réconciliation.
Par ce sacrement, on obtient la rémission de tous les péchés personnels (quelle qu’en soit la gravité) commis après le baptême. Ce pouvoir qu’avait le Christ, il l’a transmis à ses Apôtres quand, leur apparaissant après sa Résurrection, il leur a dit
Recevez le Saint-Esprit :
les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez ;
ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez
(Jean, XX, 23)
1er Commandement : " Tu adoreras Dieu seul et l’aimeras plus que tout… "
2ème Commandement : « Tu ne prononceras le nom de Dieu qu’avec respect… »
3ème Commandement : « Tu sanctifieras le jour du Seigneur… »
4ème Commandement : « Tu honoreras ton père et ta mère… »
Pour les parents à l’égard de leurs enfants : négligence dans leur éducation chrétienne ou leur pratique religieuse, mauvais exemples donnés, manque de surveillance, de soins, de disponibilité, de conseils ou de corrections nécessaire… Dureté, injustice, sévérité excessive…
5ème Commandement : « Tu ne tueras point… »
6ème et 9ème Commandements : « Tu ne feras pas d’impureté… » et « Tu n’auras pas de désir impur volontaire… »
Pour les fiancés : Légèretés, tendresses excessivement sensuelles… Relations prématrimoniales… Cohabitation…
Pour les époux : Atteintes coupables à la fécondité du mariage, contraception permanente ou temporaire… Limitation de l’usage du mariage aux jours inféconds sans cause sérieuse… Adultère (pensées, désirs, actions)… Liaisons… Divorce… Remariage civil… Refus injuste du droit du conjoint…
7ème et 10ème Commandements : « Tu ne voleras pas… » et « Tu ne désireras pas injustement le bien d’autrui… »
8ème Commandement : « Tu ne mentiras pas… »
Tu sanctifieras les fêtes d’obligation (Noël, Ascension, Assomption, Toussaint).
Tu assisteras à la messe les dimanches et fêtes d’obligation.
Tu te confesseras au moins une fois l’an.
Tu communieras chaque année au Temps pascal.
Tu jeûneras les jours fixés par l’Église (Mercredi des Cendres et Vendredi Saint).
Tu ne mangeras pas de viande les jours fixés par l’Église (c’est-à-dire, les jours de jeûne et les vendredis de Carême).
Pour les autres vendredis de l’année, cette abstinence peut être remplacée par une autre forme de pénitence (qu’il faut alors accomplir sous peine de péché).
" Que celui de vous qui est sans péché
jette le premier la pierre contre elle."
(Jean 8-7)
ORGUEIL : Amour-propre désordonné… Complaisance en soi-même… Egoïsme… Ambition démesurée… Vanité mondaine… Présomption… Attitudes hautaines, susceptibilité…
AVARICE : Vices contraires aux 7ème et 10ème commandements. Refus de partager, d’aider ceux qui sont dans le besoin (aumône) …
LUXURE : Vices contraires aux 6ème et 9ème commandements.
ENVIE : Jalousie du bonheur, des biens, des succès des autres ; joie de leurs malheurs, de leurs misères, de leurs revers…
GOURMANDISE : Excès dans le manger, le boire… Ivrognerie… Sensualité… Ivresse des stupéfiants…
COLÈRE : Manque de maîtrise de soi, emportements, rancunes, ressentiment, murmures, bouderie, brusquerie, grossièreté, cruauté…
PARESSE : Dans le lever, le travail, les prières… Oisiveté… Fuite systématique des efforts…
1. Devoirs personnels de chrétiens :
A-t-elle la première place ? Y a-t-il dans ma vie une cohérence entre ma foi et mes œuvres ?
Est-ce que je crois à la présence et à l’action du Seigneur dans le monde et dans ma vie de chaque jour ?
Ai-je cherché à mieux connaître sa pensée et sa volonté en face des événements, en face des autres, et de mes problèmes personnels ? Suis-je fidèle à la vocation que Dieu m’a envoyée ?
Ai-je cherché à grandir dans la foi, à approfondir ma connaissance du Seigneur par la lecture de l’Évangile et du Catéchisme, ou par tout autre moyen mis à ma disposition : retraites, cours, prédications… ?
Ai-je eu peur de témoigner de ma foi par lâcheté, respect humain ? N’ai-je pas cédé aux doutes, à l’inquiétude, à l’angoisse, au désespoir ?
Ai-je compté sur le Seigneur dans les difficultés et dans les tentations ?
Est-ce que je vis dans l’attente de la vie éternelle ?
Ai-je prié ? Régulièrement ? Avec mon cœur ? Avec toute ma vie ?
Ai-je pris part à la Sainte Messe quand l’Église me le demande ? Y ai-je participé de mon mieux ?
Ai-je vécu le dimanche comme un jour de prière et de joie ? N’ai-je pas accompli des travaux qui ne sont pas conformes à cet esprit ?
Ai-je fait quelque chose pour aider la mission d’évangélisation de l’Église ? Pour ramener mes connaissances à la vraie foi ?
N’ai-je pas refusé par souci de ma tranquillité ou par égoïsme de m’engager dans un mouvement d’Église ?
Ai-je collaboré loyalement avec les prêtres de l’Église ? Les ai-je aidé autant que je pouvais ?
2. Devoirs envers le prochain :
Est-ce que j’aime le prochain d’un amour vrai et efficace ?
La misère, les souffrances des autres sont-elles pour moi une préoccupation ? Ai-je fait mon possible pour les soulager ?
Ai-je cherché à comprendre les autres ? Ai-je cherché à les aider en mettant à leur disposition mon amitié, mon temps, mes biens ?
N’ai-je jamais blessé les autres par mes paroles, mes gestes ?
Ai-je risqué de porter atteinte à la vie des autres ou à la mienne, par des imprudences dans le travail, le sport ou sur la route ?
En quoi ai-je pu trahir l’amour des autres : indifférence, oubli des autres, mise à l’écart de certains, mauvais caractère, volonté d’avoir raison à tout prix, jalousie, envie, désir de vengeance, mépris, jugement téméraire, haine, raillerie, médisance, calomnie, secrets révélés, achats ou ventes à des prix injustes, dettes impayées, choses non rendues, gaspillage ou détérioration des biens collectifs, mauvais exemple, scandale d’autant plus grand qu’il vient d’un témoin du Christ, refus de pardonner.
Enfants :
Ai-je respecté mes parents ? En leur parlant avec déférence, en ne les jugeant pas sans les comprendre ? Ai-je respecté l’autorité de mes parents en écoutant leurs conseils, leurs ordres et en les exécutant de mon mieux ?
N’ai-je pas gêné l’atmosphère familiale par de la mauvaise humeur, de la bouderie, de la révolte ? Est-ce que j’aide de mon mieux mes parents âgés quand ils sont dans la gêne, ou malades ou isolés ?
Est-ce que je cherche à bien m’entendre avec tous les membres de ma famille ?
Personnes mariées :
Suis-je fidèle à l’amour promis le jour du mariage ? Ai-je cherché à développer cet amour, à me donner sans réserve et à me sacrifier ?
Ai-je souci des désirs, des goûts, des difficultés de mon époux ou de mon épouse ?
N’ai-je pas négligé mon foyer ? Ai-je le souci de penser à deux les problèmes de ma famille ?
N’ai-je pas gâché notre amour en ne maîtrisant pas suffisamment les défauts de mon caractère ?
N’ai-je pas recherché les joies du mariage par simple égoïsme ?
La communion des cœurs et des esprits l’emporte-t-elle et anime-t-elle celle des corps ?
N’ai-je pas par égoïsme refusé d’avoir des enfants ? Ai-je dans ce but utilisé des moyens défendus ?
Est-ce que j’apporte toute l’attention voulue à l’éducation de mes enfants ?
Est-ce que je cherche à les connaître, à les comprendre, à découvrir leurs goûts, leur vocation, à suivre leur évolution quand ils grandissent ?
Ai-je pensé à leur donner le moyen d’exercer leur liberté quand ils grandissent ?
Mon attitude envers eux ne manque-t-elle pas de fermeté ou au contraire d’affection et de confiance ?
Est-ce que je leur donne le bon exemple ?
Ai-je cherché à les éduquer religieusement ? Leur ai-je donné le sens de la prière ?
Ai-je cherché à garder au foyer le sens du jour du Seigneur ? Ai-je aidé mes enfants à préparer leur messe ?
Ai-je considéré comme un honneur et un devoir de donner à Dieu des prêtres, des religieuses ?
Notre foyer est-il accueillant pour les autres ?
Ai-je mal étudié mes leçons, mal fait mes devoirs ?
Ai-je triché en classe (copié, soufflé) ?
Adultes :
Ai-je conscience des responsabilités qu’engage ma situation, mon rôle ?
Quelle est mon attitude à l’égard de ceux qui me dirigent ? N’ai-je pas cherché, par méchanceté ou jalousie, à miner leur autorité ?
Quelle est mon attitude vis à vis de ceux qui travaillent avec moi ? N’ai-je pas tendance à me décharger sur les autres de ma tâche ? Est-ce que je sais les aider, les soutenir, entretenir avec eux des relations de bonne camaraderie ?
Ai-je pris ma place dans les organisations professionnelles ?
Quelle est mon attitude vis à vis de ceux que je commande ou que j’emploie ? Est-ce que je les rétribue conformément à la justice ? Les ai-je traité humainement, en respectant leur dignité d’hommes ? Ne leur ai-je pas confié des tâches au-dessus de leurs forces ? Leur ai-je accordé le repos auquel ils ont droit et dont ils ont besoin ?
5. Devoirs civiques :
Ai-je cherché à m’informer le mieux possible pour comprendre les problèmes sociaux et économiques ? A découvrir les solutions justes et efficaces ?
Ai-je le souci de tenir ma place dans la vie de la cité ou de la nation pour lui donner une meilleure orientation ? Ai-je su accepter les charges municipales ou autres en les envisageant comme un service ?
Ai-je choisi mes représentants en fonction de leur aptitude à promouvoir le bien commun et la loi divine plutôt qu’en fonction de leur aptitude à défendre mes intérêts ?
Ai-je fait mon possible pour faire changer les lois injustes (Avortements, divorce, euthanasie, pacs, etc.) ?Source
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samedi, 15 mars 2008
Conseils d'un évêque à ces nouveaux prêtres
Par appel de Dieu, les hommes deviennent prêtres, à leur tour, par l'imposition des mains des Évêques (successeurs des apôtres) et de la prière consécratoire "ad hoc". Il se produit aussitôt un mystère, un lien spécifique qui unit l'être du nouveau prêtre au Christ, Prêtre Suprême et Bon Pasteur. Alors le prêtre devient par l'Église, dans l'Église et pour l'Église, image réelle, vivante et transparente du Christ Prêtre. Il reçoit le don d'un pouvoir spirituel par l'action du Saint Esprit. Et ce pouvoir, aucune autre créature ne l'a: même pas les anges, même pas les archanges. Un Père de l'Église a osé dire que le prêtre était au-dessus de la Vierge Marie. En effet, elle a mis Jésus au monde seulement une fois, mais le prêtre le fait "renaître" toutes les fois qu'il célèbre l'Eucharistie. Il faut s'agenouiller et accueillir humblement cette grâce extraordinaire, accordée aux faibles et fragiles mortels que nous sommes.
Voilà pourquoi le saint Curé d'Ars tombait pratiquement en extase quand il méditait sur le sacerdoce. Il allait jusqu'à dire que s'il rencontrait un ange et un prêtre, il saluerait d'abord le prêtre, parce que l'ange n'est qu'un ami de Dieu mais le prêtre tient la place de Dieu sur terre. Il ajoutait: "les bienfaits de Dieu ne nous serviraient de rien sans le prêtre". Et il concluait sa méditation en disant que "le prêtre ne se comprendra bien qu'au ciel", jamais sur terre.
Chers Noël, Ghislain et Blaise, dans quelques instants, vous serez prêtres pour toujours. Vous célébrerez in persona Christi.Je vous recommande vivement de soigner vos célébrations liturgiques. Faites attention à la noblesse des vases sacrés et des ornements. Les fantaisies profanes et vulgaires sont à écarter. [1]
Même si vous n'êtes pas musiciens, intéressez-vous au chant sacré, veillez à la qualité des actions liturgiques. Le chant sacré doit répondre à la dignité, à la gravité et à la sainteté de la liturgie. Que les instrumentistes jouent humblement pour la gloire de Dieu et l'édification des fidèles. Qu'ils évitent d'offenser la piété du peuple par des danses purement folkloriques et des battements de mains intempestifs.
Que vos célébrations soient empreintes de silence, de recueillement et de respect vis-à-vis de la majesté et de la transcendance de Dieu. En effet, le saint Sacrifice de la messe célébré à la va-vite, de façon négligée et superficielle, en vide le sens et affaiblit sa fonction d'accroissement de la foi. Celui qui célèbre mal manifeste la faiblesse de sa foi et peut démolir celle des autres. Bien sûr que l'essentiel n'est pas le rite en lui-même, mais le coeur habité par la présence divine et l'intention de faire ce que l'Église veut. (...) Souvenez-vous que les premières eucharisties avaient lieu dans des maisons aux portes closes, non point par souci du secret mais pour préserver ceux qui étaient encore trop faibles pour participer à de tels mystères... (...) Indiquez à temps et à contre temps le chemin du ciel aux hommes, toujours tentés de regarder uniquement vers la terre. Soyez convaincus que le prêtre est indispensable à la société.
Ne vous habituez surtout pas à circuler sans votre habit ecclésiastique, sous prétexte que "l'habit ne fait pas le moine". Un prêtre âgé aimait recommander aux jeunes prêtres le port de la soutane en ces termes: "Portez votre préservatif". A sa suite, je lance ce vibrant appel à tous les prêtres: "portez votre préservatif". J'insiste. Il ne préserve peut-être pas de tout mais de beaucoup de choses. Ne vous contentez pas de porter une petite croix au cou, ce n'est pas un habit. Portez votre soutane toujours et partout... évidemment pas jusque dans la douche! Encore qu'autrefois nos aînés dans le sacerdoce jouaient au football en soutane.
Notre Peuple veut nous voir en soutane. Notre signe distinctif extérieur c'est la soutane. Pas de négligence là-dessus. Pas de demi-mesure. C'est un témoignage silencieux qui n'est pas banal. Il dit notre appartenance spécifique à Dieu et à l'Église. N'ayons pas honte d'affirmer notre identité. Et nous avons bien fait de conserver au Bénin le rite de bénédiction et de prise de soutane dans notre marche vers l'autel de Dieu. Attention donc au relativisme qui pousse au confusionnisme avec les laïcs. A défaut de la soutane, portez le clergyman ou tout simplement le col romain.
En outre - et j'aurais dû commencer par là - soyez des hommes de prière. Le prêtre doit nourrir sa propre vie spirituelle par une abondante vie de prière personnelle. La liturgie des heures (ou Bréviaire), prière officielle de l'Église, est là pour nous aider. Soyez fidèles à la méditation matinale. Aimez aussi les adorations eucharistiques où vous parlez coeur à coeur avec le Christ, réellement présent devant vous. Que votre dévotion eucharistique transparaisse aux yeux des fidèles, qui seront ainsi encouragés par leur Pasteur, à vivre en communion avec Dieu. Conduisez-les au Christ par la prière et la contemplation.
Aimez aussi la Vierge Marie. Qui aime vraiment le Christ aime en même temps sa Mère. Elle est Mère de Dieu, Mère de l'Église, Mère de tous les hommes. Mais ses fils privilégiés ce sont les prêtres. Dans les joies comme dans les angoisses, prenez votre chapelet. Ne le conseillez pas seulement aux autres!
Enfin, soyez disponibles et serviables. Le célibat consacré devrait vous y aider. Un vieux prêtre se plaignait des jeunes prêtres ainsi: "Tant qu'ils ne sont que séminaristes, ils sont serviables. Mais dès que l'Esprit s'empare d'eux pour en faire des prêtres, on ne peut plus s'en servir". Soyez donc serviables avant et surtout après l'ordination. Le Christ est venu pour servir: en son nom, visitez les familles, les malades et les prisonniers. Soyez miséricordieux et proches de tout le monde: enfants, jeunes, pauvres, vieillards, commerçants, hommes politiques, paysans, éleveurs etc.
N'ayez pas honte si l'on vous surnommait "amis des publicains et des pécheurs": ce fut le plus beau surnom de Notre Seigneur Jésus.
Bénissez les maisons et les personnes. Prenez aussi le temps d'écouter ceux qui viennent vous parler. Si votre écoute est attentive, paternelle et spirituelle, vous ferez mieux que les psychologues, les psychanalystes et les marchands d'illusions. (...)"
[1] Je voudrais, à exprimé le pape Benoît XVI, expliquer l'essence du ministère sacerdotal en interprétant les parements liturgiques qui, pour leur part, veulent précisément illustrer ce que signifie « se revêtir du Christ », parler et agir « in persona Christi » : Le pape invite les prêtres à se revêtir du Christ
Table : Vie sacerdotale
Message du pape Benoît XVI pour la Journée de prière pour les vocations - 22.02.08
Sources : Denis CROUAN docteur en théologie, Pdt de Pro Liturgia
Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel
Eucharistie, sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 05.03.2008 - T/Prêtres - T/Afrique
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Le chemin de Croix sur internet
Le chemin de Croix sur internet
La méditation de la Passion, souvent paroissiale, peut aussi être solitaire. Même au soir d’une journée harassante, le pape Jean-Paul II faisait chaque vendredi « son » chemin de croix : démarche de l’âme qui accepte de consacrer du temps à Dieu ; l’esprit se porte vers le Seigneur souffrant grâce à l’image peinte, grâce aussi au texte évangélique.
Depuis l’antiquité, les pèlerins de Jérusalem souhaitaient parcourir le chemin douloureux de leur Sauveur, du palais de Pilate, jusqu’au Golgotha et au Saint-Sépulcre.
Au 15e siècle, les franciscains, gardiens des lieux saints de Jérusalem, introduisirent en Europe des reproductions de la Passion du Seigneur. Les chrétiens parcouraient ce « Chemin de croix » comme s’ils avaient suivi Jésus dans les rues de Jérusalem, s’arrêtant à chaque station pour l’évoquer et prier.
Quand, vers la fin du 16e siècle le nombre des stations se fixa à 14, bien des églises tinrent à en avoir des tableaux. Saint Louis-Marie de Montfort construisit, au 18e siècle, avec 500 paysans un immense Calvaire à Pont-Château. Mais c’est surtout le grand missionnaire italien, saint Léonard de Port-Maurice qui propagea cet exercice du chemin de croix dans la première partie du 18e siècle. Il bénit personnellement 572 chemins de croix. Il érigea une série monumentale de quinze stations (la dernière était les douleurs de Marie) dans le Colisée à Rome. Le Vendredi Saint, le pape lui-même participe à ce chemin de croix du Colisée, qui rassemble d’immenses foules.
Bien d’autres chemins de croix monumentaux ont été réalisés. Celui de Lourdes, sur la colline qui domine la grotte, contient 115 statues d’environ deux mètres de haut et est fréquenté pas des milliers de groupes.
Le chemin de croix est aussi un exercice paroissial. Saint Léonard suppliait les évêques et les curés :
« Je vous conjure dans les entrailles de Jésus-Christ d’ouvrir aux fidèles un trésor où ils trouveront le principe de leur conversion, une source intarissable de grâces, de mérites et de bénédictions du ciel. Si Dieu est sévère à l’égard du serviteur qui aura caché un seul talent, qu’en sera-t-il de celui qui aura caché à son peuple un trésor qui en renferme un si grand nombre dont le prix est infini. »
Durant le Carême, un exercice communautaire guidé par le curé, va de station en station tout au long des murailles de l’église. Textes de l’Écriture, méditations et chants alternent. La onzième strophe du « Stabat Mater » chantée à la Vierge Marie, était jadis reprise après chaque station :
Sancta Mater istud agas
Crucifixi fige plagas
Cordi meo valide
Sainte Mère, exauce-moi
Plante les plaies du Crucifié
Profondément en mon cœur.
Les chrétiens qui méditent ainsi la Passion le Vendredi-saint, savent que deux jours plus tard il y aura les cloches de Pâques. « Si nous sommes morts avec le Christ, écrira saint Paul, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui. » (Rm 6, 8)
Mais on peut « faire son chemin de croix », indépendamment d’un groupe, soit en allant de station en station dans une église, soit en méditant successivement chacune des stations sans pour autant marcher physiquement. C’est essentiellement une démarche de l’âme qui accepte d’abord de consacrer un certain temps à cet exercice. L’esprit se porte à la fois vers l’image, peinte ou sculptée, et vers le texte évangélique. Ce sont des appuis pour la méditation, la prière et la grâce. Si de nombreux martyrs sont morts pour les saintes icônes au temps de l’iconoclasme, c’est qu’il y avait un enjeu pour le peuple chrétien.
Saint Paul disait aux Philippiens :
« Ayez les mêmes sentiments qui sont dans le Christ Jésus
Lui, de condition divine ne retint pas jalousement l
e rang qui l’égalait à Dieu
Mais il s’anéantit lui-même prenant condition d’esclave
et devenant semblable aux hommes.
S’étant comporté comme un homme
il s’humilia plus encore
obéissant jusqu’à la mort
et à la mort sur une croix
Aussi Dieu l’a-t-il exalté et lui a-t-il donné le Nom
qui est au-dessus de tout nom
Pour que tout, au nom de Jésus
s’agenouille, au plus haut des cieux
sur la terre et dans les enfers,
et que toute langue proclame
de Jésus-Christ, qu’il est SEIGNEUR
à la gloire de Dieu le Père. »
Philippiens, ch. 2
Les stations du chemin de croix doivent être traitées d’une main chrétienne, il y faut une inspiration chrétienne. Soeur Catherine reprend volontiers à son compte ce que Bellini ajoutait à sa signature au bas d’un tableau :
« Enflammé de l’amour de la croix ».
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vendredi, 14 mars 2008
Entretien avec Mgr Ranjith, secrétaire de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements
La Croix : On a le sentiment que, pour Benoît XVI, la liturgie est une priorité.
La Croix : serait-ce que la liturgie est devenue l’objet de polémiques, de débats dans l’Église, voire un facteur de graves divisions ?
La Croix: Avez-vous le sentiment que la réforme conciliaire est allée trop loin ?
La Croix: concrètement, par quoi cela passe-t-il ?
La Croix: faut-il dire à tous ceux qui ont suivi, avec un grand sens de l’obéissance, les réformes post-conciliaires qu’ils se sont trompés ?
Encore une fois, il ne s’agit pas d’être progressiste ou conservateur, mais simplement de permettre à l’homme de prier, d’écouter la voix du Seigneur. Ce qui se passe dans la célébration de la gloire du Seigneur n’est pas une réalité seulement humaine. Si on oublie cet aspect mystique, tout se brouille, et devient confus. Si la liturgie perd sa dimension mystique et céleste, qui, alors, aidera l’homme à se libérer de l’égoïsme et de son propre esclavage ? La liturgie doit avant tout être une voie de libération, en ouvrant l’homme à la dimension de l’infini.
| Interview de Mgr Ranjith et de Luc Perrin. |
clic
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Monsieur Luc Perrin
Professeur d'histoire de l'Eglise la faculté théologique de Strasbourg
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Source
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jeudi, 13 mars 2008
L’éducation chrétienne de nos enfants
Dr. Jean-Pierre Dickès
Le médecin apprend que l’homme est constitué du génotype, c’est-à-dire de ce qu’il est ; et du phénotype, c’est-à-dire ce qu’il devient. Ce devenir n’existe que dans le cadre d’une société et par les influences qu’elle donne.
Élever un enfant est donc un tout qui sera donné par le sens chrétien transmis à l’enfant : l’éducation Chrétienne.
Le nouveau-né apprend vite à sourire si on lui sourit, à gazouiller si on lui parle. Il a besoin de tendresse, de patience, pour lui donner à manger, le changer, l’endormir. Puis il établit sa vie de relation. Bien vite il saura ce qu’il n’a pas le droit de faire. Il faut l’encourager et savoir lui dire non, si nécessaire. A partir de quatre ans, il manifeste par la parole ses sentiments, ses affections.
Il devient « intéressant » mais égoïste et égocentrique. Il apprend à être le centre du monde, adulé. Et aussi les caprices. Un cas fréquent est celui de l’anorexique : cet enfant qui par opposition refuse de manger. S’engage alors une sorte de guerre avec les parents. C’est à celui qui ne cédera pas. Le remède est d’ailleurs simple : il consiste à laisser l’enfant dans son caprice et ne pas s’opposer à lui.
Au moment de la pré-adolescence, l’enfant subit une transformation physiologique importante, mais il développe aussi sa sensibilité : c’est le moment des grandes amitiés, le désir de s’affirmer par la force et le cœur.
Puis, avec l’adolescence, le garçon affirme sa force, avec gaucherie parfois. La jeune fille est plus vulnérable par ses retenues, sa recherche de l’amour. Elle devient plus mûre aussi et plus vite que les garçons.
Les différents tempéraments sont depuis longtemps connus des psychologues et des pédiatres : nerveux, bileux ou colériques. Les caractères aussi s’affirment : émotifs, non émotifs, actifs ou au contraire peu entreprenants, passionnés, exubérants, sentimentaux ou nerveux, flegmatiques, extravertis ou introvertis, apathiques, voire amorphes. Toute une panoplie où les couleurs se juxtaposent ou se mélangent plus ou moins sous forme de qualités ou de défauts. C’est dire qu’élever un enfant n’est pas facile sans un minimum de connaissances et de réflexion.
Une grande mission
Or peu de parents, qui par ailleurs se donneront bien du mal pour faire obtenir à leur enfant un examen ou une situation brillante, improvisent littéralement dans la manière d’élever leur enfant. Je me souviens d’un brillant chirurgien qui s’avisa un soir que son enfant marchait d’une drôle de manière. II avait simplement développé un magnifique rachitisme qui lui déformait les jambes en arc de cercle.
Les parents veilleront donc au développement harmonieux du corps de leur enfant. Cela va sans dire, cela va encore mieux en le disant. Nourriture saine et variée : que d’enfants ont de gigantesques caries dentaires à cause du bonbon du soir. Bon air, propreté, sorties, tenue vestimentaire adaptée au climat. repos suffisant, sport, ambiance familiale calme. Tout cela est nécessaire.
Si les parents se battent, les enfants sont énervés. Il en est de même s’ils sont plantés en permanence devant la télévision ou des jeux violents qui déversent l’agressivité à toutes doses.
Il faudra donner aux enfants le goût de l’effort, de l’attention, de l’observation. Une des qualités premières des parents et de savoir écouter. L’âge de quatre ou cinq ans est celui des pourquoi. Demandes parfois insolites auxquelles il est répondu souvent par jeu. Mais plus tard les questions se font pressantes. Et là, les choses se compliquent. La solution simple est de s’en débarrasser notamment en faisant fi de la vérité, en mentant. On sait que tout se joue avant six ans. Et le moindre faux-pas peut avoir des conséquences incalculables.
Il n’est pas possible de toujours répondre « les enfants naissent dans les choux ». La mère tient une place apparemment déterminante dans ce qui doit devenir un dialogue permanent. Car elle est l’âme de la famille.
Le bébé est en général régi par des instincts : il rit ou il pleure, il a faim ou soif, il aime ou n’aime pas. Il convient de lui donner au plus tôt de bonnes habitudes (notamment en matière de régularité de vie (sommeil, repos). Un enfant n’est pas une poupée que l’on prend quand on en a envie.
De toutes ces bonnes habitudes dépendra son éducation sensorielle. L’apprentissage doit être patient et précoce : ranger les jouets, refuser les colères, susciter les initiatives, inciter à la persévérance dans les jeux, développer l’observation (qu’est-ce que cette image représente ?) ; montrer les détails des objets, montrer les différences (notamment entre ce qui tient du monde imaginaire et de la réalité). Apprendre à jouer en société, se faire aider dans les travaux quotidiens.
Combien de mamans servent de bonnes à des adolescents de dix-huit ans ! Le sens de l’effort est souvent long à acquérir, facile à perdre. Veiller au sens de l’obéissance, du dévouement… L’adolescence est une période particulièrement difficile et dépend souvent des bonnes habitudes prises : lever rapide, prière du matin et du soir, refus systématique des mensonges et de la dissimilation.
La nature des relations entre parents et adolescents apparaît comme très différente de ce quelle était jadis. Il n’est pas possible de commander à ses enfants comme on le faisait, il y a cinquante ans.
La communication se basera alors sur l’éducation, l’estime et les capacités des parents vis-à-vis de leurs enfants. Age difficile : ceux-ci font fi de l’expérience des plus âgés, pensants tout connaître. Ils se reposent plus volontiers sur l’amitié et sur les relations avec leurs condisciples. C’est l’âge de la contestation qu’il a fallu prévoir.
Le jeune devient alors volontiers vindicatif. Le garçon fait l’idiot ou l’extravagant. La jeune fille joue la coquette, la charmeuse. La mode actuelle est au satanisme : habits noirs, piercing, tatouages, musique provocante. Céder à une demande des parents devient un déshonneur. Face à une réprimande, on boude, on claque les portes. Certains couvent littéralement leurs affaires personnelles. Pas question de pénétrer dans leur univers (même dans leur chambre). Par ailleurs la société actuelle fait l’objet d’une tolérance coupable vis-à-vis de la petite délinquance. D’où une tendance qui se développe aux petits vols (en attendant les grands), souvent alimentée par un sentiment de jalousie : « Il a ça, pourquoi pas moi ? ». A l’avidité correspond aussi la colère à la suite de reproches. Et bien sûr l’incitation permanente à l’usage de la drogue et aux relations sexuelles précoces et sans contrôle. Il faut vivre avec son temps, répète-t-on.
Une autre des caractéristiques de la société actuelle est qu’elle incite à la paresse. Le minimum d’efforts. On rêvasse, on laisse faire, on se fiche de tout. Désordre permanent de la pensée, du cadre de vie. L’habitude aussi du mensonge.
A tout prendre finalement, ces défauts et les demandes des enfants se retrouvent à des degrés divers lors de l’âge adulte. C’est un chemin normal. Mais vers quel type d’éternité mène t-il ?
Les parents auront donc à cœur de développer les qualités de leurs enfants. Un peu comme le montagnard qui péniblement escalade les escarpements, mais découvre au fur et à mesure un paysage de plus en plus grandiose. Or on ne part pas vers les cimes n’importe comment. Les parents se doivent d’être préparés eux-mêmes. La foi intérieure et extérieure est indispensable et développera l’enthousiasme nécessaire pour prendre en charge l’enfant. Condition primordiale aussi : le couple a lieu d’être stable et uni. Le père et la mère doivent, quel que soit leur âge, regarder dans la même direction et ne pas se regarder l’un l’autre.
Que penser de deux montagnards qui au lieu de regarder par les cimes passeront leur temps à regarder leur matériel, ou les têtes qu’ils ont quand un vent glacé leur balaie le visage ?
L’amour humain doit augmenter la Foi, l’Espérance et la Charité. Faute de quoi il est voué à l’échec et ne pourra être transmis. Rude responsabilité que d’élever un enfant. Il n’est pas toujours facile de savoir écouter, former la sensibilité, réprimer les colères, redresser les tendances à la paresse.
Père Fouettard ou Papa gâteau ? Deux écueils entre lesquels il n’est pas facile de louvoyer. Les parents oublient volontiers qu’ils n’ont pas des enfants pour leur satisfaction égoïste comme s’ils achetaient une belle voiture. Ils doivent savoir leur transmettre l’amour humain reflet de l’amour divin qui,soit les porter à la vie éternelle.
Il faut donc les ouvrir à l’amour du bea



















