lundi, 26 mai 2008
Extraits de " la lettre à nos frères prêtres " par Monsieur l'abbé Grégoire Celier
Voici une excellente synthèse réalisée par
Monsieur l’abbé Grégoire Cellier
qui nous fait comprendre l’histoire et la nature de
la messe « Traditionnelle »
dont notre
Saint Père le Pape Benoît XVI
a rappelé la richesse dans son
motu proprio Summorum pontificum du 7 juillet 2007

Les Sacramentaires
Parmi les Sacramentaires qui nous sont parvenus, on distingue en particulier le Sacramentaire léonien (Ve siècle), le Sacramentaire gélasien (VIe siècle) et le Sacramentaire grégorien (VII-VIIIe siècles). Le pape Adrien Ier (772-795) envoya un exemplaire de ce dernier à Charlemagne, sur sa demande, comme modèle liturgique face à la prolifération des liturgies gallicanes. Ce manuscrit fut copié à de nombreuses reprises mais, comme il ne comportait pas certaines messes que l’on avait coutume de célébrer en Gaule, ces dernières furent ajoutées et firent bientôt corps avec la liturgie romaine primitive. Ce livre romain retouché devint le Sacramentaire officiel de l’empire carolingien et, chose curieuse, finit par revenir à Rome et par y supplanter le Sacramentaire grégorien.
Le Missel plénier
Vers le Xe siècle, par suite de la multiplication des messes, on commença donc à grouper en un seul livre tous les recueils se rapportant à la messe : ce furent les Missels pléniers qui, au cours des XIIIe et XIVe siècles, se multiplièrent. Parmi ceux-ci, il faut signaler le Missel de la Curie romaine qui, au XIIIe siècle, précisa le cérémonial (notamment pour tenir compte des séjours du pape hors de Rome) et accepta un grand nombre de messes pour les fêtes. Ce Missel fut adopté par les Franciscains (puis par les Augustins, les Servites, etc.), et répandu par eux dans toute la chrétienté latine.
« C’est à Milan en 1474, que fut imprimé pour la première fois l’Ordo missalis secundum consuettudinem Romane curie. Après cette édition princeps, il y en eut beaucoup d’autres » (Aimé-Georges Martimort, L’Église en prière, Desclée, 1961, p. 304). Mais ce Missel n’était pas le seul à avoir cours : de nombreux autres Missels existaient, avec une large variété d’usages et de fêtes. Par ailleurs, sous des influences diverses (mauvaises copies, dévotions locales pas toujours éclairées, mais aussi flou doctrinal, notamment dans la période préparatoire au protestantisme), des altérations plus ou moins graves se produisaient.
« Oh ! si vous aviez vu, je ne veux pas dire la laideur, mais la diversité des cérémonies de la messe, il y a quarante ans, elles vous auraient fait honte ; il me semble qu’il n’y avait rien de plus laid au monde, que les diverses manières dont on la célébrait : aucuns commençaient la messe par le Pater noster : d’autres prenaient la chasuble entre leurs mains et disaient l’Introibo, et puis ils mettaient sur eux cette chasuble. J’étais une fois à Saint-Germain-en-Laye, où je remarquai sept ou huit prêtres qui dirent tous le messe différemment : l’un faisait d’une façon, l’autre d’une autre : c’était une variété digne de larmes. Or sus, Dieu soit béni de ce qu’il plaît à sa divine bonté remédier peut à peu à ce grand désordre ! » La nécessité d’une réforme rétablissant intégrité doctrinale et unité liturgique se faisait ainsi cruellement sentir.
Nécessité d’une réforme
Le but de saint Pie V n’était pas de créer de toutes pièces une nouvelle liturgie, mais de ramener le Missel à son état traditionnel avec pour base le Missel de la Curie romaine, en tenant compte cependant des éventuels changements exigés par les circonstances. Comme le note dans ses souvenirs (Ma Vie, Fayard, 1998, p.133) celui qui était encore le cardinal Ratzinger, « Pie V s’était contenté de réviser le Missel romain en usage à l’époque, comme cela se faisait normalement dans une histoire qui évolue. […] Il s’agissait d’un processus continu de croissance et d’épurement, sans rupture. Pie V n’a jamais créé de Missel. Il n’a fait que réviser le Missel, phase d’une longue évolution ».
Il s’agissait donc de ramener à leur meilleur état les textes reçus, de préciser les règles de la célébration, enfin de doter l‘Église d’un Missel pratique, indiscutable, et conforme en tous points au bréviaire révisé qui venait lui aussi d’être promulgué (1568) à la suite du concile, dans le même esprit de continuité.
Retour à la tradition liturgique
Le Missel que promulgua saint Pie V, tout en conservant les éléments traditionnels et la distribution du Missel de la Curie romaine, supprima donc la plupart des innovations récentes et assura l’unité des rites dans la célébration de la messe. Les rubriques s’inspiraient de celles mises au propre et systématisées en 1502 par Jean Burchard, maître des cérémonies pontificales.
Comme le résume le père Irénée-Henri Dalmais : « En 1570, était [publié] le Missel, substantiellement conforme à celui en usage depuis le XIIIe siècle, et quelque peu modifié par Clément V au début du XIVe siècle. Les principales innovations de saint Pie V consistèrent à fixer les rubriques, rédigées au début du XVIe siècle par le cérémoniaire pontifical Jean Burchard, et à rendre obligatoire la lecture du prologue de l’Évangile de saint Jean à la fin de la messe » (Initiation à la liturgie, Desclée De Brouwer, 1958, p.188).
« Je voudrais faire une brève remarque, déclare-t-il, sur la querelle à propos de la liturgie dite tridentine. Il n’existe pas de liturgie tridentine et jusqu’en 1965 ce mot n’aurait rien dit à personne. Le concile de Trente n’a pas « fait » de liturgie. Et il n’y a pas non plus, au sens strict, de Missel de saint Pie V. Le Missel qui est paru en 1570 sur l’ordre de Pie V ne se différenciait qu’en peu de chose de la première édition imprimée du Missel romain parue juste cent ans auparavant. Dans la réforme de Pie V, il s’agissait au fond uniquement d’éliminer les proliférations du Moyen Âge tardif, ainsi que les fautes qui s’étaient introduites au moment de recopier et d’imprimer : ceci afin de prescrire pour toute l’Église le Missel de la ville de Rome qui n’avait pratiquement pas été atteint par ces événements » (Josef Ratzinger, L’Eucharistie – Pain nouveau pour un monde rompu, Fayard, 1981, p. 166-167).
Une norme universitaire
C’était le cas pour les anciens Ordres religieux qui avaient gardé leur liturgie propre : Cisterciens, Chartreux, Prémontrés, Dominicains, Carmes, etc. C’était aussi le cas pour certains diocèses comme Trèves, Cologne, Liège, Braga, Lyon, Milan et quelques chapelles à Tolède (rite mozarabe), etc. Mais seuls ces trois derniers lieux conservèrent leur liturgie propre, les autres renonçant spontanément au droit que la Bulle Quo primum leur reconnaissait.
Succès du Missel de 1570
Dans la suite, les papes promulguèrent des messes nouvelles correspondant aux grandes dévotions (Sacré-Cœur, Immaculée Conception, Assomption, etc.) et aux nouveaux saints. Quelques papes (par exemple, Urbain VIII ou saint Pie X) introduisirent des changements minimes dans quelques rubriques, soit pour harmoniser avec des changements intervenus par ailleurs, soit pour clarifier un point peu clair, mai ce ne furent jais que d’infimes retouches.
Pie XII révisa en 1950 et 1956 les rites de la Semaine sainte, que les malheurs des temps avaient obscurcis, réforme que l’évolution des règles du jeûne comme de l’heure de la célébration de la messe (messes du soir) rendait désormais possible. Il créa une commission de révision des rubriques du Missel, mais il mourut avant que celle-ci n’achève son travail.
Ce fut Jean XXIII qui, en 1960, à la suite de ce travail voulu par Pie XII, promulgua un « Code des rubriques » plus simple d’utilisation. Le Missel de 1962 se réfère aujourd’hui à cette réforme.
« Quand on se trouve en présence d’un texte si essentiel et d’une si haute antiquité, il paraît souhaitable de garder, aussi longtemps qu’il est possible, les formules mêmes que l’usage d’innombrables générations chrétiennes a sanctifiées. C’est là une considération d’un tel poids que même un réformateur aussi individualiste que Luther, à ses heures, pouvait l’être, l’a fort bien sentie et exprimée » (Louis Bouyer, « Que vont devenir les rites sacrés ? », La Vie spirituelle 521, novembre 1965, p. 539).
« Une règle de prière qui a inspiré pendant dix-neuf siècles la règle de vie doit-elle, pour des motifs aussi honorables qu’on voudra, se modeler à son tour sur une nouvelle façon de sentir et de vivre le christianisme ? » (Henry Bars, « Désacralisation de la liturgie ? », Nova et Vetera 1, janvier 1967, p. 33).
« Le caractère conservateur de la liturgie lui permet de préserver et de transmettre intactes des valeurs dont une époque peut avoir oublié l’importance mais que l’époque suivante est heureuse de retrouver intactes et préservées, pour en vivre de nouveau. Où serions-nous si le conservatisme liturgique n’avait pas résisté au goût du Moyen Âge finissant pour les dévotions sensibles, aux impératifs individualistes, raisonnables et moralisants du XVIIIe siècle, à la critique du XIXe siècle, aux philosophies subjectivistes de l’époque moderniste ? Grâce à la liturgie, tout nous a été gardé et transmis. Ah ! Ne nous exposons pas à encourir, dans soixante ans, le reproche d’avoir dilapidé l’héritage sacré de la communion catholique telle qu’elle se déploie dans le lent déroulement du temps. Gardons la conscience salubre de ne porter nous-mêmes qu’un moment d’affleurement à l’actualité d’une réalité qui nous dépasse à tous égards » (Yves Congar, « Autorité, initiative, coresponsabilité », La Maison Dieu 97, 1er trim. 1969, p. 55).
Ce texte de l’abbé Grégoire Celier est extrait de « la lettre à nos frères prêtres » de Mars 2008 - Numéro 37 .
Pour plus de renseignements et pour vous abonner à cette publication : LNFP - 2245 avenue des Platanes 31380 Gragnague - tél : 05 61 74 27 93. Abonnement : 8 € par an (4 € pour les prêtres).
- Célébrées depuis plus de 1000 ans de manière quasi identique, elle constitue un trésor de doctrine et de spiritualité qui a nourri des milliers de millions de saints, prêtres et fidèles.
- Tout cela confirme que notre attachement à cette forme liturgique antique et vénérable, pour certains incompréhensible, n’est ni stupide ni ridicule mais plein de bon sens ! Cela explique également pourquoi cette forme liturgique suscite de très nombreuses conversions et vocations sacerdotales et religieuses ainsi qu'un enthousiasme chez les petits de tous âges et les grands humbles de cœur.
Présidente du mouvement pour la Paix Liturgique et la Réconciliation dans l’Église

Ce texte de l’abbé Grégoire Celier est extrait de « la lettre à nos frères prêtres » de Mars 2008 - Numéro 37 .
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Source
Illustration
Le cardinal Ratzinger
célèbre la sainte messe selon le rite de saint Pie V
au séminaire de la fraternité sacerdotale Saint Pierre.
Wigratzbad. Bavière.
Avril 1990
18:52 Publié dans Le sens de la messe traditionnelle | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : travail, chômage, retraite, santé, économie, esclavage, lire
dimanche, 30 mars 2008
La messe traditionnelle
" Le sacrifice de la Messe est substantiellement le même que le sacrifice de la croix en ce que dans l’un et l’autre, Jésus Christ est à la fois le prêtre et la victime ; il en diffère cependant par la manière dont il est offert. Sur la croix Jésus Christ s’est offert en répandant son sang et en méritant pour nous ; tandis que sur les autels, Il se sacrifie sans effusion de sang et nous applique les fruits de sa Passion et de sa mort. "
St Pie X
Le saint Sacrifice de la messe est donc le renouvellement non sanglant du sacrifice de la croix. Il faut par conséquent que la liturgie exprime cela, il faut qu’en assistant à la messe les fidèles comprennent cela. C’est pour cette raison que la liturgie catholique joint paroles et gestes. Si le prêtre désigne les offrandes par des signes de croix, nous dit saint Thomas d’Aquin, c’est "pour évoquer la Passion du Christ qui a eu la croix pour terme " Somme IIIa pars, Q.85, art.5, ad 3.
La messe dite de saint Pie V en est une excellente expression pour différentes raisons : par son origine, par ce qu’elle dit, et par ce qu’elle montre.
1.
L’origine.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la messe de saint Pie V n’est pas de saint Pie V. Ce pape, dans le prolongement du Concile de Trente, n’a fait que codifier ce qui existait déjà. On peut par exemple noter que l’ensemble du canon remonte au Vème siècle, et qu’il n’a pas été modifié depuis lors (seuls 26 mots ont été changés). Quant au reste de la messe, il existe pratiquement dans la forme sanctionnée par saint Pie V dès le pontificat de saint Grégoire (540-604). Il n’y eut après ce pape que quelques modifications qui ne constituèrent pas de véritables évolutions. On peut cependant noter que l’offertoire n’aura sa forme définitive qu’au XIVème siècle et que le rite vénérable de l’élévation ne se répandit de façon commune qu’après les attaques de Bérenger de Tours (998-1088) contre la présence réelle. Mais comme on peut le remarquer, il s’agit d’enrichissements et non pas d’évolutions.
C’est ce qui fait dire au concile de Trente : " Comme il convient que les choses saintes soient administrées saintement, et comme ce sacrifice est la chose sainte par excellence, afin qu’il fut offert et reçu avec dignité et respect, l’Eglise catholique a institué depuis de longs siècles le saint canon. Il est tellement pur de toute erreur qu’il ne contient rien qui ne respire le parfum de la plus grande sainteté et piété et qui n’élève à Dieu l’âme de ceux qui offrent le sacrifice. En effet il est formé des paroles mêmes du Seigneur, des traditions des apôtres et des pieuses institutions des saints pontifes. " Concile de Trente (Session 22° ch.4)
Enfin les rites qui avaient une existence de plus de 200 ans furent maintenus.
La messe dite de saint Pie V est donc de par son origine l’expression de la piété et de la sainteté de l’Eglise. Par ses saints auteurs la messe traditionnelle est le fruit de la tradition apostolique et de la contemplation du mystère de l’eucharistie par les saints des premiers siècles.
2.
Ce qu’elle dit.
La liturgie catholique nous dit la théologie de la messe, bien sûr il ne faut pas voir dans la messe un cours de théologie, mais la doctrine se trouve exprimée dans les différentes prières. On retrouve ainsi clairement exprimées les quatre fins du saint sacrifice : Adoration, action de grâce, propitiation, demande.
Il est normal que les prières de la messe soient orientées vers l’adoration, parce que l’homme en tant que créature doit d’abord reconnaître sa totale dépendance vis-à-vis de Dieu, et que c’est là la fin première du sacrifice. Ensuite toutes les oraisons sont orientées vers les demandes de grâces ainsi que différentes prières de l’offertoire et du canon, la première étant que Dieu daigne accepter ce sacrifice. Les prières de l’offertoire montrent bien le caractère propitiatoire de l’offrande qui est faite ; Jésus Christ immolé pour nos fautes, afin que la Rédemption s’accomplisse. Le saint sacrifice de la messe en tant que renouvellement non sanglant du saint sacrifice de la croix est orienté vers l’aspect propitiatoire qui est explicité par l’offertoire traditionnel. De plus le prêtre parlant en son nom propre avant d’entrer dans la grande prière eucharistique et sacrificielle implore le pardon de ses fautes, et il insiste opportunément sur le caractère sacrificiel de l’offrande qu’il va faire in persona et virtute Christi. Dom Tirot dans l’histoire des prières d’offertoire dans la liturgie romaine du VII au XVI siècle à la page 135 déclare qu’avec la suppression des prières de l’offertoire dans le missel de 1970 nous subissons une perte inestimable.
Et enfin l’action de grâce. Cette action de grâce se retrouve après la consécration et surtout après la communion. Il est naturel après avoir demandé et reçu de remercier.
3.
Ce qu’elle montre.
La liturgie traditionnelle exprime le mystère de l’eucharistie. Elle exprime le renouvellement non sanglant du sacrifice de la croix. Elle oriente notre âme vers Dieu et témoigne de notre adoration envers sa présence réelle. Tous les gestes toutes les cérémonies sont orientées vers ce but. L’orientation de l’autel, les gestes d’adoration, le mystère et le silence sacré qui entourent la consécration, la langue sacrée, la distinction entre l’action du prêtre et celle des fidèles, les prières de la consécration qui ne sont pas un récit mais une action (en effet à la consécration le ton change : ici le prêtre ne supplie pas, il agit in persona Christi.). Tous ces aspects manifestent bien le caractère sacré de la messe, qui comme le déclarait le pape Jean Paul II dans la lettre aux évêques pour le Jeudi Saint 1980 " n’est pas une ajoute de l’homme à l’action du Christ au cénacle…mais une sacralité institué par Lui (par le Christ) "
Le latin est la langue universelle : " La langue de l’Eglise doit non seulement être universelle mais immuable. Si en effet les vérités de l’Eglise catholique étaient confiées à certaines ou à plusieurs langues humaines changeantes dont aucune ne fait davantage autorité sur une autre, il résulterait une telle variété que le sens de ces vérités ne serait ni suffisamment clair ni suffisamment précis pour tout le monde. " Jean XXIII, Veterum Sapientiae. (Un exemple prouvera ceci : consubstantialem Patri est parfois traduit de même nature que le Père ce qui est une grave déficience par rapport à la précision du latin.)
L’orientation de l’autel est d’une grande importance, l’assemblée se tourne vers Celui auquel le sacrifice est destiné. En mettant l’autel face au peuple, l’assemblée se renferme sur elle-même. De plus l’orientation traditionnelle permet mieux de saisir l’aspect théocentrique de la messe. " Nous nous sommes tellement tournés vers l’assemblée que nous avons oublié de nous tourner ensemble, peuples et ministres, vers Dieu ! Or sans cette orientation essentielle, la célébration n’a plus aucun sens chrétien. " Cardinal Decourtray, 23 AVRIL 1992.
Le silence est quant à lui, l’expression la plus belle de notre adoration envers le Dieu qui descend sur nos autels. Il est de plus très expressif du mystère qui se réalise. Le silence accompagne le mystère : " La virginité de Marie, son enfantement et la mort du Seigneur sont trois mystères éclatants que Dieu opéra dans le silence. " St Ignace d’Antioche, Ephésiens, 19/1. Le silence au moment du canon est ce qui favorise le mieux une participation vraiment profonde, personnelle et intérieure au mystère de l’autel. " La proclamation du canon à haute voix appelle à grands cris des variétés à laquelle la multiplication des prières eucharistiques, si grande soit-elle, ne saurait suffire…La variété elle aussi devient à la longue ennuyeuse " Cardinal Ratzinger, La célébration de la Foi 1984
" La liturgie n’est pas un show, un spectacle qui ait besoin de metteurs en scène géniaux, ni d’acteur de talent. La liturgie ne vit pas de surprises sympathiques, de trouvailles captivantes mais de répétitions solennelles. Elle ne doit pas exprimer l’actualité et ce qu’elle a d’éphémère, mais le mystère du sacré "
Cardinal Ratzinger, Entretien sur la foi

Source
Illustration
Schola Sainte Cécile - Liturgie & musique sacrée traditionnelles
10:11 Publié dans Le sens de la messe traditionnelle | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : religion, messe, motu proprio, eglise, catholique, catholicisme
vendredi, 14 mars 2008
Entretien avec Mgr Ranjith, secrétaire de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements
La Croix : On a le sentiment que, pour Benoît XVI, la liturgie est une priorité.
La Croix : serait-ce que la liturgie est devenue l’objet de polémiques, de débats dans l’Église, voire un facteur de graves divisions ?
La Croix: Avez-vous le sentiment que la réforme conciliaire est allée trop loin ?
La Croix: concrètement, par quoi cela passe-t-il ?
La Croix: faut-il dire à tous ceux qui ont suivi, avec un grand sens de l’obéissance, les réformes post-conciliaires qu’ils se sont trompés ?
Encore une fois, il ne s’agit pas d’être progressiste ou conservateur, mais simplement de permettre à l’homme de prier, d’écouter la voix du Seigneur. Ce qui se passe dans la célébration de la gloire du Seigneur n’est pas une réalité seulement humaine. Si on oublie cet aspect mystique, tout se brouille, et devient confus. Si la liturgie perd sa dimension mystique et céleste, qui, alors, aidera l’homme à se libérer de l’égoïsme et de son propre esclavage ? La liturgie doit avant tout être une voie de libération, en ouvrant l’homme à la dimension de l’infini.
| Interview de Mgr Ranjith et de Luc Perrin. |
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Monsieur Luc Perrin
Professeur d'histoire de l'Eglise la faculté théologique de Strasbourg
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00:00 Publié dans Le sens de la messe traditionnelle, Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : langue française, poésie, art, écriture
mercredi, 05 mars 2008
Ne dit-on pas que la messe est avant tout le rassemblement du peuple chrétien, réuni pour louer Dieu ?
Non, avant d'être une simple réunion, la messe est d'abord le sacrifice offert par Jésus-Christ pour notre salut. C'est le renouvellement du sacrifice unique de la Croix, rendu présent sur nos autels. C'est un événement actuel, et pas un simple souvenir, une réalité qui touche notre temps pour le rendre contemporain du mystère de la croix. C'est un acte qui se déroule, de façon mystérieuse mais très réelle, sous nos yeux, et c'est cet événement qui nous rassemble et nous unit.
Le saint sacrifice de l'autel n'est donc pas une pure et simple commémoration des souffrances et de la mort de Jésus-Christ, mais un vrai sacrifice, au sens propre, dans lequel, par une immolation non sanglante, le Souverain Prêtre fait ce qu'il a fait sur la croix, en s'offrant lui-même au Père éternel comme une hostie très agréable.
Le sacrement le plus vénérable est la très sainte Eucharistie dans laquelle le Christ Seigneur lui-même est contenu, offert et reçu, et par laquelle l'Eglise vit et croît continuellement. Le sacrifice eucharistique, mémorial de la mort et de la résurrection du Seigneur, dans lequel le sacrifice de la Croix est perpétué au long des siècles, est le sommet et la source de tout le culte et de toute la vie chrétienne, par lequel est signifiée et réalisée l'unité du peuple de Dieu et s'achève la construction du corps du Christ. En effet, les autres sacrements et toutes les œuvres d'apostolat de l'Eglise sont étroitement liés à la très sainte Eucharistie et y sont ordonnés.
00:00 Publié dans Le sens de la messe traditionnelle | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : voiron, isère, diocèse de grenoble, société, actualité
dimanche, 17 février 2008
LA MESSE DE SAINT PIE V
OU LA SAINTE LITURGIE DE L’EGLISE ROMAINE
clic
Parmi bien des raisons justifiant la nécessité du maintien de cette messe pour la préservation de la foi et la réaffirmation du caractère sacrificiel du rite célébré par l'Eglise, insistons sur l'importance fondamentale de l'usage du latin en raison de sa vocation à l'universalité et sa fonction de préservation et conservation du dogme : "L'emploi de la langue latine, en usage dans une grande partie de l'Eglise, est un signe manifeste et éclatant, et une protection efficace contre toute corruption de la doctrine originale." (Pie XII, Mediator Dei, 20 nov. 1947).
Il y a donc un préjugé à combattre, à savoir que la fixité, l’immutabilité de la liturgie seraient l’opposé du progrès, - qui est d’aller, comme nous le savons, de changement en changement, et sans doute d’un bien relatif au mieux. Or, le mot de progrès a pris de nos jours une signification magique. Le progrès semble être arrivé aux proportions d’un culte qui menace de remplacer tout autre culte. Par conséquence, la messe traditionnelle, ce signe d’une religion immuable, ne paraît plus possible, puisque son immobilité magistrale au milieu du mouvement ne peut qu’enrayer le « char » de l’avenir…
Cependant le vrai progrès, le progrès de l’homme, c’est de réaliser sa sanctification, soleil de l’âme qui est un « centre » fixe autour duquel doit graviter l’existence ici-bas.
On le voit, si le caractère sacrificiel de l’office est écarté, la nécessité de l’expiation ouverte par l’abîme créé par la prévarication d’Adam n’est plus comblé par le sang de Jésus-Christ versé sur la Croix – et il fallait rien moins que le sang du Seigneur pour opérer cette grande réparation !
Si la messe a un sens, c’est qu’elle est, et reste selon le rite traditionnel, le monument de la suprême préoccupation depuis l’origine des jours, c’est qu’elle est un monument qui remonte au berceau de l’humanité et nous révèle sa faute et le prix de son rachat. La messe de saint Pie V est le monument de l’expiation : elle est la clef qui ferme l’abîme et ouvre le port du Salut éternel.
12:15 Publié dans Le sens de la messe traditionnelle | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note














